« Des éléments isolés »
Aux deuxième et troisième jour d'audience de l'affaire des IMSI catchers.
On arrive à la fin du procès des IMSI-catchers à Paris, dont je vous avais parlé la semaine dernière – vous pouvez également suivre les débats sur mon compte Bluesky. Avant un débrief plus complet, une petite bafouille sur ce qui m’a marqué la semaine dernière.
Jeudi, il y a tout d’abord eu le témoignage plutôt refroidissant d’une des « petites mains » du dossier, Zoé, la conductrice d’un véhicule équipé d’un IMSI-catcher. Peu loquace, il faut lui arracher les mots. La jeune femme semble également prise d’amnésie : elle ne reconnaît plus l’un des principaux mis en cause. « Si vous avez peur, c’est l’occasion de le dire », rappelle en vain son avocat.
Le lendemain, vendredi, elle n’est plus là pour assister à l’interrogatoire de « Bouzou », l’homme qu’elle ne reconnaît plus, et de Mohamed M., son associé. Eux ont au contraire la langue bien pendue et réponse à tout. Ce dernier a d’ailleurs une petite formule qu’il a utilisé à deux reprises, en pointant des « éléments isolés » ou des « phrases complètement isolées » qui pourrait être mal interprétés.
Le premier de ces éléments isolés qui pourraient prêter à confusion, c’est un message lu par le tribunal, où il expliquait, en anglais, « être potentiellement intéressé dans un IMSI-catcher ». Un peu gênant quand on assure maintenant n’avoir jamais voulu acheter un tel appareil.
Le deuxième élément isolé pouvant prêter à confusion, c’est un autre échange avec un tiers inconnu où il est question d’un mandat pour le piratage d’une agence de marketing. « Des faits où l’on a aucun élément, on prend des phrases complètement isolées et on vient me les imputer », récite le prévenu.
Du contexte, rétorque le tribunal, qui fait ensuite écouter une interception téléphonique douteuse ressemblant à une arnaque en cours autour de Ma Prime Rénov’. Reprise des débats ce jeudi.


